EDITORIAL 73

2021 est l’année du centenaire de la naissance de Stanislas Lem, ce grand auteur polonais de science-fiction, disparu en 2006 en nous laissant des textes inoubliables. À deux reprises, et Jean-Pierre Andrevon nous le rappelle dans ce numéro, une de ses œuvres-phares, Solaris, a été adaptée au cinéma, la première fois par Andreï Tarkovski en 1972, la deuxième par Steven Soderbergh en 2002. Mais l’œuvre de Lem et son influence sur la science-fiction ne se résument pas à Solaris. C’est la raison pour laquelle, quand Michal Grabowski, chef de projet littérature à l’Institut polonais de Paris, et Anna Zasada, co-responsable de projet Cinéma, nous ont proposé de nous associer aux célébrations de cet anniversaire avec un dossier spécial, nous avons accepté sans hésiter, même s’il fallut pour cela un peu bouleverser notre programme. C’est ce dossier que vous allez découvrir dans ce numéro, sous une couverture de Trust, dessinateur de BD polonais lui aussi. Il se compose d’un article de Rafal Kosik, auteur de science-fiction et grand admirateur de son illustre prédécesseur, qui nous raconte « son » Lem et nous propose une de ses nouvelles en hommage à son modèle, d’un article de Didier Reboussin et du texte d’Andrevon auquel il a déjà été fait allusion. Et le texte inédit de Lem, alors ? Presque toutes ses nouvelles ont été traduites en français, mais il en restait quand même quelques-unes, dont celle que vous allez découvrir dans ces pages, en particulier grâce à la complicité du fils de l’écrivain.

Avec ce dossier, vous découvrirez aussi quelques nouvelles en commençant par « Fusions », de Stéphane Miller, avec laquelle il a remporté cette année la deuxième place au prix Alain le Bussy. Suivra « Peau contre Peau », un texte particulièrement original de Brian Stableford, que cet écrivain et ami de notre revue nous avait confié et qui a été traduit par Jean-Michel Calvez. Partons ensuite explorer le temps avec Hugues Lictevout, une nouvelle nous arrivant de l’autre côté de l’océan – même si Hugues est originaire du nord de la France, et donc en quelque sorte « pays » de Galaxies –, et enfin Isabelle Lauzon, un court récit venu lui aussi du Québec, un texte étrange qui ressemble à de la fantasy, qui a la couleur ou les mots de la fantasy, mais qui, tout bien réfléchi, est réellement un texte de science-fiction, à un mot près. Nous terminerons cette partie « Nouvelles » par un très vieux texte d’avant la télévision, mais assez visionnaire, déterré par l’infatigable Patrice Lajoye dans le cadre de sa rubrique Outretemps. Et puis, bien sûr, les rubriques habituelles : le Scalpel du docteur Stolze ; Musique et SF, animée cette fois par Jean-Michel Calvez et consacrée à une musicienne, Suzanne Ciani ; Croisière au Long du Fleuve, avec la seconde partie de l’article sur Georges-J Arnaud, réservant une large place à la série de romans de La Compagnie des Glaces, par Michel Vannereux ; et les chroniques livres, BD et cinéma, puisque à l’heure où j’écris cet éditorial, Jean-Pierre Andrevon, comme la plupart d’entre nous, a pu retrouver le chemin des salles obscures.

Alors bonne découverte ! Si vous ne connaissiez pas bien Lem, allez à sa rencontre, et si vous le connaissez allez le retrouver et le célébrer, savourez les textes et laissez-vous guider dans vos choix de lecture ou de séances-toile…

 

Pierre Gévart

 

le 24 juillet 2021